Thursday, July 24, 2008

rencontres en chemin


Les vieilles femmes qui se croisent sont toujours pipelettes – de quoi parlent-elles ? Pendant ce temps, les porteurs passent, font des pauses, dégoulinent de sueurs, accrochent leur bras aux liens qui s’appuient sur leur tête et retiennent la charge.



Merci le Soleil de nous avoir offert une magnifique et lumineuse descente vers la civilisation. Entre Ulleri et Tikhedunga, 3300 marches en pierre nous attendaient, parfois glissantes et toujours brise genoux. Nous nous rapprochons de la rivière, traversons deux ponts suspendus et quittons du coup deux vallées simultanément, les hauteurs et un monde qui vit à cheval entre deux époques. La descente est douce, le soleil s’est installé, brûlant en quelques minutes. Il chauffe nos visages, souligne tous les détails de la vie quotidienne et rurale installée sur les flans de la vallée. Séchage du maïs, toilettes à la fontaine, travail dans les rizières, portages des récoltes…dans les rizières, les hommes « surfent » sur du bois derrière la charrue et les bœufs qui luttent dans la boue. Les femmes repiquent un à un chaque plant de riz. On organise la circulation de l’eau pour remplir chaque parcelle délimitée par de fins murets de terre.

Himalaya nuageux


Nous commençons la longue descente vers Naya Pul et le retour vers la civilisation. Et les nuages qui s’écartent, qui jouent avec le vent, qui se lovent dans les vallées et qui, finalement, s’ouvrent sur l’Himalaya. En un sens cette vision habituelle durant la saison sèche, s’offre à nous, petits hommes au cœur de la mousson, telle une chance, une récompense. Certains lodges s’appellent « hungry eye » - l’œil affamé, avide. Tel est notre regard, toujours reconnaissant.

Chorten


Longue ascension jusqu’à une crête, après voir grimper le long du torrent Saranga. Et en haut…
Rien… la pureté neigeuse et blanche des nuages, le blanc absolu et vaporeux qui donne une ambiance de fin des temps. Deux chortens en pierre, des drapeaux couverts de mantras qui claquent au vent. Les chortens sont des construction en pierre à base carrée, qui s'élèvent en terrasse et sont des versions rurales des stupas gigantesques qu'on rencontre en ville. Ils représentent l'élévation spirituelle dans le bouddhisme. Petit boud de spiritualité dans les nuages...

Gandruk


Gandruk, des ruelles en pierre, des longues battisses familiales peintes à la chaux et un « kagati chia » (thé au citron) suivi d’une douche bouillante : un accueil plus que chaleureux, d’autant plus qu’à l’instant où nous posons nos pieds sur le seuil du lodge une averse démarre.
C'est un village où vit principalement la communauté gurung. Des plantations de thé surplombent cette petite cité de pierre sur des pentes escarpées. C'est aussi un des derniers villages avant l'entrée dans le sanctuaire de l'Annapurana, un vaste cirque au coeur des plus hauts sommets.

Wednesday, July 23, 2008

le trek de l'Annapurna fantôme




L’après-midi du mardi, nous sommes restés à Tadaphani, les jambes courbaturées par la longue marche de la veille. Ambiance plus que nuageuse, dégoulinante de pluie, humide à outrance. A deux jours de marche de la première route. Nous avons bien heureusement trouvé deux partenaires de belote flamands. Eux n’ont rien vu depuis le début de leur marche. Et mercredi matin, malgré nos enthousiastes espoirs du soir, c’est un mur blanc qui s’est offert à nos regards. Au-dessus de 2500 m, les nuages s’accrochent.

Happy

Le trek de l’Annapurna fantôme au royaume des jugas – des sangsues.
Et voilà… Au moment même où j’écrivais ces mots, j’ai fait une pause paysage, machinalement mon regard s’est tourné vers la vallée à gauche, en direction des prétendus sommets… Et ils étaient là, dominant de si haut les montagnes couvertes de jungle au premier plan, qui culminent déjà pour certaines à près de 4000 m. 7000 et plus, cette immense masse minérale enneigée, qui barre le ciel de manière si inhabituelle. Magie des vents d’altitude qui, durant trente minutes, laissent se dévoiler de merveilleuses visions..