Tuesday, April 13, 2010

Mubanga 2

Trajet pour atteindre une lagune à une cinquantaine de kilomètres de Luanda : plus de deux heures de voitures ! La découverte de l´état des routes représente en soi une forme d´attraction : les ornières atteignent parfois le mètre de profondeur, les déformations du bitume font penser à des vagues de matière rigide, les nids de poules s´apparentent à ceux des autruches. Autant dire qu´avec Martine (la directrice de l´Alliance) au volant, qui plus que visiblement aime la vitesse, j´ai serré les fesses pendant deux heures.

Le trajet vaut largement le coup. Martine a été invitée par le patron d´un bar assez célèbre à Luanda qu´il tient avec la fille du président. Il vient de créer un complexe hôtelier en pleine nature. Il a donc lancé des invitations pour que le bouche à oreille lui serve de publicité. Nous partons avec Marie, directrice culturelle de l´Alliance, et son copain cubain qui travaille pour une chaîne de télévision angolaise.

Mubanga est un rassemblement de bungalow luxueux – en bois pour respecter le cadre naturel – autour d´une case géante et ouverte aux quatre vents faisant office de bar et restaurant. Le bon goût à l´africaine est au rendez-vous : plantes, matériaux naturels, art brut, mobilier design et luminaires s´entremêlent pour le bonheur du client. Et revoilà donc l´Afrique dans toute sa splendeur, où passer d´un milieu à un autre se fait instantanément, où le luxe voisine sans complexe avec la plus grande pauvreté…

Alors que la majeure partie de la population ne connaît ni l´eau courante, ni l´électricité, me voilà au bord d´une piscine et à suivre des lumières tamisées pour retrouver l´entrée de mon bungalow. Oublions les complexes, ils ne changent pas la face du monde.

Un samedi soir en Angola : soirée au champagne, chef français et service attentif. Je ne vais pas ma plaindre, moi qui croyais que j´allais rentrer dans une ère de privation, je saute sur ma salade de chèvres chaud et passe une excellente soirée.

La lumière est splendide, le coucher de soleil sur la lagune décuple les couleurs, des grosses dindes blanches courent un peu partout, les baobabs déploient leurs branches colossales au dessus de l´eau, les crapauds entrent en cacophonie, les insectes pullulent et tombent dans les verres de vin - une fin de vie éthylique, il y a pire.

Durant la nuit, une tempête fait rage, je retrouve la violence des pluies tropicales et leurs effets bénéfiques : au matin, une simili fraîcheur, des brumes qui se dispersent, une odeur de terre humide, la poussière disparue.

Le propriétaire nous amène à un centre équestre (continuons l´orgie d´indécences, on n´en est plus à une près). Sur le chemin, nous traversons des villages – des femmes font leur lessive au bord d´une rivière, un cochon fouine dans un tas d´ordure, des gamins gambadent cul nu, des filles se font des tresses. Les habitats sont de simples constructions de forme rectangulaire aux murs faits de briques de terre et couvertes de taule ondulée. Le soir, en rentrant dans Luanda, je découvre pour la première fois les « museques » - bidonvilles – où les mêmes petites constructions sont cette fois-ci entassées à flan de colline, au milieu de ravines et de montagnes de poubelles. C´est donc ça le communisme à l´africaine…














Mubanga 1





















Saturday, April 10, 2010

Le mirador de la lune



coin assez magique et lunaire comme son nom l'indique. Le plateau s'arrête à quelques centaines de mètres de l'océan et sous la couche de terre rouge s'en dévoile une autre, que le vent et la pluie ont sculpté

Cabo Ledo



120 km au sud de Luanda, un coin pour s'oxygéner. Sur la route, le plateau est peuplé de baobabs et de cactus gigantesques. Par contre, il n'y a pratiquement aucune occupation humaine, séquelle visible de la guerre civile.

A mi-chemin, on passe le pont de la rivière Kwanza, lieu hautement stratégique où un tank rouillé rappelle des jours troubles. Pas moyen de prendre de photo, comme pour tous les lieux gouvernementaux, c'est interdit.





























Cabo Ledo est un spot de surf réputé, mais il y avait seulement des vagues minuscules, de quoi observer de jeunes amateurs et pas plus.































Village de pêcheurs après la pluie.